La tendinopathie du moyen fessier est une cause fréquente de douleurs latérales de la hanche, en particulier chez les femmes après 40 ans et chez les sportifs pratiquant la course à pied. Souvent confondue avec d’autres pathologies de la hanche, elle mérite un diagnostic précis pour mettre en place une prise en charge adaptée. En tant que podologue, nous intervenons régulièrement dans le traitement de ces douleurs, notamment lorsque des troubles de la statique des membres inférieurs sont en cause.
Qu’est-ce que la tendinopathie du moyen fessier ?
Le muscle moyen fessier joue un rôle essentiel dans la stabilité du bassin lors de la marche et de la course. Il s’insère sur le grand trochanter, la partie osseuse saillante de la hanche. Lorsque ce tendon est soumis à des contraintes répétées ou excessives, il perd progressivement ses capacités d’adaptation du tendon, ce qui entraîne une inflammation puis une dégénérescence des fibres tendineuses. On parle alors de tendinite du moyen fessier à un stade aigu, ou de tendinopathie chronique lorsque les douleurs persistent au-delà de quelques semaines.
Cette pathologie est souvent associée à des bursites trochantériennes, une inflammation de la petite poche de liquide qui protège le tendon des frottements contre l’os. Ces deux atteintes sont regroupées sous le terme de « syndrome douloureux du grand trochanter ».
Symptômes de la tendinite du moyen fessier
Les symptômes de la tendinite se manifestent principalement par des douleurs latérales situées sur le côté de la hanche, pouvant irradier vers la cuisse. Elles apparaissent ou s’intensifient dans plusieurs situations caractéristiques :
- en position allongée sur le côté atteint, notamment la nuit ;
- lors de la montée des escaliers ou d’une pente ;
- après une station debout prolongée ;
- lors d’un mouvement répétitif comme la course à pied ou la marche prolongée.
Certains patients rapportent également une gêne à la palpation directe de la zone, ainsi qu’une sensation de faiblesse musculaire à l’appui monopodal.
Causes et facteurs de risque
Plusieurs facteurs favorisent l’apparition d’une tendinopathie du moyen fessier :
- une pratique intensive ou mal préparée d’une activité physique (course à pied, randonnée, fitness) ;
- un déséquilibre musculaire du bassin ou des membres inférieurs ;
- des troubles posturaux ou une inégalité de longueur des jambes ;
- des anomalies de la statique du pied (pronation excessive, pied plat ou creux) qui modifient l’axe de la hanche à chaque pas ;
- le surpoids, qui augmente les contraintes mécaniques sur le tendon.
C’est précisément sur ce dernier point que l’intervention d’un podologue prend tout son sens : un trouble d’appui du pied peut, à chaque mouvement répétitif de la marche, générer des mises en tension anormales du moyen fessier et entretenir la douleur.
Diagnostic de douleurs au niveau de la hanche
Le diagnostic de douleurs au niveau de la hanche repose avant tout sur un examen clinique rigoureux. Le professionnel de santé interroge le patient sur l’historique des douleurs, leur localisation précise et les circonstances de survenue. Il réalise ensuite des tests spécifiques de mise en tension du tendon et de la force musculaire du moyen fessier.
Dans certains cas, des examens complémentaires sont nécessaires pour confirmer le diagnostic et éliminer d’autres causes de douleur de hanche (arthrose, conflit fémoro-acétabulaire, pathologie lombaire). L’échographie permet de visualiser l’état du tendon et la présence éventuelle d’une bursite. L’IRM, plus précise, est réservée aux formes chroniques ou résistantes au traitement initial, ou lorsqu’une rupture partielle du tendon est suspectée.
Traitement de douleurs au niveau de la hanche
La prise en charge d’une tendinopathie du moyen fessier est le plus souvent conservatrice, c’est-à-dire non chirurgicale. Les traitements médicaux de première intention associent plusieurs approches complémentaires :
Le repos relatif et l’application de glace sur la zone douloureuse permettent de réduire l’inflammation lors des poussées douloureuses, sans imposer un arrêt total de l’activité physique.
La rééducation occupe une place centrale, avec un travail progressif de renforcement musculaire du moyen fessier et des muscles stabilisateurs du bassin. Les exercices sont adaptés à la tolérance du tendon, en évitant les mises en tension trop brutales qui pourraient aggraver la douleur.
Les traitements médicaux peuvent inclure la prescription d’anti-inflammatoires, d’antalgiques, ou dans certains cas des infiltrations de corticoïdes ciblant la bursite associée. Ces traitements soulagent la douleur mais ne remplacent pas le travail de rééducation.
Les ondes de choc (ou thérapie par ondes de choc extracorporelles) sont de plus en plus utilisées dans les tendinopathies chroniques résistantes, avec de bons résultats sur la réduction de la douleur et la stimulation de la cicatrisation tendineuse.
Le rôle du podologue dans la prise en charge
Le podologue intervient en complément des autres professionnels de santé, en analysant la statique et la dynamique des membres inférieurs. Une analyse posturale et podologique permet d’identifier d’éventuels troubles d’appui du pied qui perturbent l’alignement du bassin et entretiennent les contraintes sur le moyen fessier.
Selon les résultats de cet examen, des orthèses plantaires sur mesure peuvent être proposées afin de corriger la posture du pied, de rééquilibrer la répartition des appuis et de réduire les tensions transmises à la hanche à chaque mouvement répétitif. Cette approche s’inscrit dans une prise en charge globale, en lien avec le médecin, le kinésithérapeute et, si nécessaire, le chirurgien orthopédiste.
Prévention
Pour limiter le risque de tendinopathie du moyen fessier ou éviter les récidives, quelques mesures simples sont recommandées :
- adapter progressivement l’intensité de toute nouvelle activité physique ;
- entretenir un bon équilibre musculaire entre les différents groupes du bassin et des membres inférieurs ;
- porter des chaussures adaptées et, si besoin, des orthèses plantaires ;
- ne pas négliger les premiers symptômes de la tendinite pour éviter le passage à la chronicité.
Questions fréquentes
Comment soigner une tendinopathie du moyen fessier ?
Le traitement repose sur le repos relatif, l’application de glace sur la zone douloureuse en phase aiguë, puis un programme de rééducation avec renforcement musculaire progressif du moyen fessier. Un bilan podologique permet également d’identifier et de corriger d’éventuels troubles de la statique du pied qui entretiennent les douleurs. Dans les formes chroniques, des traitements médicaux complémentaires (infiltrations, ondes de choc) peuvent être proposés par le médecin.
Comment soulager une tendinopathie du moyen fessier ?
Pour soulager la douleur au quotidien, il est conseillé d’éviter les positions qui compriment le tendon (position allongée sur le côté atteint), d’appliquer du froid après les activités douloureuses, et de limiter temporairement les mouvements répétitifs qui déclenchent la douleur, sans pour autant arrêter complètement l’activité physique. Des étirements doux et un renforcement musculaire encadré par un professionnel accélèrent la récupération.
Combien de temps peut durer une tendinopathie du moyen fessier ?
La durée d’évolution varie selon la prise en charge et l’ancienneté des symptômes. Une tendinite récente, traitée rapidement, peut s’améliorer en quelques semaines. En revanche, une tendinopathie chronique, installée depuis plusieurs mois, nécessite souvent plusieurs mois de rééducation et un suivi régulier avant une disparition complète des douleurs latérales de la hanche.
Conclusion
La tendinopathie du moyen fessier est une pathologie fréquente mais bien prise en charge lorsqu’elle est diagnostiquée tôt. Au-delà des traitements médicaux et de la rééducation, l’analyse podologique constitue un axe souvent sous-estimé de la prise en charge, en corrigeant les déséquilibres d’appui qui fragilisent le tendon à chaque pas. N’hésitez pas à consulter un podologue pour un bilan complet de votre posture si vous souffrez de douleurs persistantes au niveau de la hanche.